L’incroyable et vérédique histoire d’un touriste breton

   À Boukhara, nous avons visité le mazar Chachma Ayoub, c’est-à-dire la “chapelle de la source de Job”. Ce monument est aisé à reconnaître grâce à son dôme en forme de cône.

   Ce mazar abrite aujourd’hui un musée consacré aux techniques d’alimentation en eau de Boukhara.

   Selon la légende, le prophète Job aurait fait jaillir à cet endroit une source d’eau pure en plantant dans le sol son bâton. C’est un lieu sacré et les pèlerins viennent y guérir leurs maladies de peau.

Un touriste breton y a vécu, il y a quelques années, une mésaventure mémorable.

   Rentré en ce lieu, cet homme se plaça derrière le récipient métallique muni de robinets où les pèlerins puisent de l’eau, et, prenant une pose avantageuse, demanda à son épouse de le prendre en photo. Celle-ci règle son appareil et prend le cliché, puis elle appelle son mari pour apprécier le résultat sur l’écran de son appareil numérique. Mais, stupeur! sur la photo on voit bien la cuve et le fond de la pièce, mais pas le mari. Elle lui demande donc de reprendre la pose, mais lorsqu’elle lève les yeux, elle ne voit plus son mari.

   Elle eut beau l’appeler, faire le tour de la petite pièce, sortir, vérifier au-dehors, demander au guide et aux autres voyageurs  : personne ne l’avait vu. Il n’était nulle part! Le guide essaya de calmer la pauvre femme affolée et en larmes et ils partirent à la recherche du disparu. Mais rien de rien! En désespoir de cause, et avant d’alerter la police, le guide, croisant une bohémienne, lui demanda son avis. Elle affirma qu’il se trouvait à l’intérieur du monument.

   Ils retournèrent à l’endroit exact où elle l’avait vu pour la dernière fois, et machinalement, soulevèrent la plaque métallique qui fermait l’entrée du puits. C’est alors qu’ils aperçurent le touriste, quelques mètres plus bas dans le puits, sonné mais bien vivant.

   Que s’était-il donc passé? En fait, l’homme s’était placé sur le couvercle métallique qui avait pivoté, précipitant l’imprudent dans le trou, puis avait repris sa place initiale. Tout s’était passé si vite que personne n’avait rien remarqué. Par chance, si l’on peut dire, des travaux de restauration  du puits avaient été entrepris et il restait un échafaudage sur lequel le malheureux était resté assis. Sans ce concours de circonstances, il serait tombé au fond du puits et très probablement noyé!

Depuis, le puits est solidement fermé par un couvercle de bois : c’est plus sûr !!!
Fleche droite vert