Les traces du ghetto de Varsovie

Après la balade bucolique dans le parc Lazienki, notre guide nous a conduits vers l’ancien quartier juif qui fut muré, fermé et transformé en ghetto lors de l’occupation nazie. Nous passons devant des immeubles aux belles façades et nous voici bientôt place Krasinski.

De beaux quartiers

Là, s’élève le Mémorial de l’Insurrection de Varsovie. Il rappelle les 63 jours de martyre de la ville qui, le 1° août 1944, sachant les troupes alliées proches, décida de chasser l’occupant allemand et d’instaurer un gouvernement polonais avant l’arrivée des Soviétiques. Mais les Russes restèrent de l’autre côté de la Vistule et les Allemands, libérés de cette menace, reprirent la ville. Abattant des quartiers entiers, ceux-ci rasèrent Varsovie. 200 000 habitants trouvèrent la mort dans cette insurrection. Cette imposante sculpture en métal représente deux groupes d’insurgés : les uns, au fond, sortent des souterrains pour attaquer les Allemands, les autres, au premier plan, dans une retraite désespérée, s’engouffrent dans les égouts.

Le Mémorial de l’Insurrection de Varsovie

Un peu plus loin, le bus nous dépose devant le Musée d’Histoire des Juifs polonais. Tout près, plusieurs monuments rappellent le soulèvement du ghetto : enfermés, affamés, désespérés, dès juillet 1942, des habitants du ghetto furent déportés par milliers vers le camp de Treblinka où la plupart trouvèrent la mort. La résistance s’organisa alors dans le ghetto et, le 19 avril 1943, un soulèvement éclata qui dura 27 jours, au terme desquels seuls quelques milliers de Juifs purent s’enfuir, les autres étant déportés ou fusillés. Le ghetto fut complètement rasé en 1945.

Polin, le musée de l’Histoire des Juifs polonais

En mémoire de ce terrible moment de l’Histoire, un premier monument fut érigé, structure cylindrique dont la forme évoque les bouches d’égout où se cachaient les résistants.

Le premier monument des héros du ghetto

Plus tard, a été construit à quelques mètres le Mémorial des Héros du Ghetto. Sur un bloc de pierre en forme de trapèze, la sculpture “Combat” représente des Juifs armés se lançant dans la lutte et à l’arrière la “Marche vers le néant” exprime la souffrance des civils sur le chemin de la mort. Deux ménoras en bronze ont été placées de chaque côté.

Combat
Une des deux menoras
Marche vers le néant

Entre les deux monuments, on rencontre la statue assise de Jan Karski, résistant polonais qui témoigna du génocide des Juifs devant les Alliés.

Le monument à Jan Karski

Mais notre triste voyage de mémoire n’était pas terminé : il nous restait à passer devant le Mémorial de la Umschlagplatz, situé à l’endroit où les nazis rassemblaient les Juifs avant de les entasser dans des wagons à bestiaux en partance pour les camps de concentration et d’extermination.

Le Mémorial de la Umschlagplatz

Reprenant le bus, nous avons enfin pu observer le Monument aux Victimes et aux Exécutés de l’Est. Il rappelle l’attaque de la Pologne par l’URSS en 1939 et l’envoi de nombreux Polonais jusqu’en Sibérie où beaucoup perdirent la vie. On y voit un wagon posé sur des rails et chargé de croix, symbolisant la religion des déportés.

Monument aux victimes de l’Est

Après cette longue mais nécessaire marche de mémoire, encore sous le coup de l’émotion, nous franchissons les limites de l’ancien ghetto, matérialisées au sol…

Trace au sol des limites de l’ancien ghetto

… et prenons la direction de la vieille ville.

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