Les sculptures érotiques de Khajuraho

Mercredi 13 décembre

Réveil : 6h 30. Départ à 8h vers les temples de Khajuraho aux célèbres sculptures érotiques.

Pour cette visite, notre guide est suppléé par un guide local très agréable. Après un coup d’œil général pour prendre des photos des différents temples éparpillés dans un très grand jardin, il nous commente les magnifiques sculptures extérieures taillées dans le grès rouge local.

Il nous conduit d’abord devant le temple de Varaha, avatar de Vishnou sous la forme d’un sanglier. Ce petit temple, auquel on accède par un escalier d’une dizaine de marches, date du X° siècle.

Le temple de Varaha

Sculpté dans un seul bloc de pierre et orné de plus de 600 figures de dieux et déesses hindous, ce sanglier abrite entre ses pattes un serpent qui garde les pieds de la déesse Terre.

Varaha, l’avatar de Vishnou

Détail des sculptures sur le corps de Varaha

Puis nous nous sommes approchés du temple de Lakshmana, qui date également du X° siècle. Dédié à Vishnou, il est posé sur une plate-forme et entouré de quatre petits sanctuaires aux coins. Devant le temple, on remarque la statue d’un jeune homme luttant contre un lion : ce griffon chimérique est l’emblème de la dynastie Chandela.

Le temple de Lakshmana

L’emblème des Chandela

Ce temple regorge de sculptures intéressantes. Certaines racontent la vie quotidienne des gens de cette époque : une caravane dans le désert, une scène de chasse, un départ à la guerre avec chevaux et éléphants. Ce cortège ne peut manquer d’évoquer la marche des éléphants commandés par le colonel Hathi, dans le dessin animé de Walt Disney. Une scène de zoophilie témoigne de la grande misère sexuelle des soldats en campagne.

Une caravane

Scène de chasse

Éléphants de guerre

Scène de zoophilie

Les éléphants sont d’ailleurs très souvent représentés sur les murs de ce temple, soit pour soutenir les auvents, soit sous la forme de Ganesh, fils de Shiva et de Parvati, à la tête d’éléphant.

Éléphants

Le dieu Ganesh

La femme est également souvent représentée. On la voit s’étirant le matin au réveil, se regardant dans un miroir, se retirant une épine du pied ou montrant avec fierté les griffures de son dos, témoignage d’une nuit d’amour ardent.

Au réveil

Femme au miroir

Femme retirant une épine de son pied

Griffures d’amour

Ces femmes, à moins qu’il ne s’agisse de nymphes, sont toutes d’une étonnante beauté : leur corps, recouvert d’un voile si fin qu’on ne le devine que par ses broderies ou son ourlet, est toujours plein de grâce et d’élégance.

Des danseurs accompagnent des scènes amoureuses.

Couple de danseurs

Ici, tout est dans le regard !

Car ce temple est le support de scènes érotiques célèbres : à deux, à quatre, dans les positions les plus variées.

Couple amoureux

Scène d’amour sous le regard bienveillant de Shiva

Plaisir solitaire et amour à deux, pour partenaires dotés d’une grande souplesse…

Intimité

Toutes les positions sont admises

Le temple de Vishvanatha propose également son lot de sculptures suggestives :

Le temple de Vishvanatha

Nymphe jouant de la flûte

Concubine à l’éventail – Préliminaires

Ne rien voir, ne rien dire, semblent penser ces deux témoins…

Un peu plus loin, le temple de Kandariya nous présente la célèbre position “du poirier”, qui nécessite, il faut le dire, une réelle disposition pour l’acrobatie !

Le temple de Kandariya

L’amour à quatre

La position dite “du poirier”

Cette position étonnante, bien que figurant certainement dans le Kama-Sutra, doit être bien difficile à tenir, d’autant que les mains de l’homme ne lui servent pas à se maintenir en équilibre : il a mieux à faire ailleurs !…

On pourrait encore parler du temple de Chitragupta, ou du temple d’Adinath, qui nous montre Vishnou amoureux.

Temple de Chitragupta

Temple d’Adinath

Vishnou amoureux

Dans toutes ces sculptures, on ne note aucune barrière dans l’expression de l’acte amoureux : nudité assumée exposée à la vue de tous, caresses les plus osées, scènes d’amour à plusieurs partenaires, parfois dans les positions les plus extravagantes, voire scènes de zoophilie. Les visages traduisent toujours un bonheur voisin de l’extase !!!

Dans tous les cas, la sculpture est si dynamique qu’on croirait ces êtres vivants, agissant sous nos yeux, et l’on perçoit aisément leurs sentiments de joie, d’étonnement, de peur ou de bonheur extatique.

En fait, on comprend bien qu’il ne s’agit pas là d’un simple catalogue de l’amour illustré, mais qu’il faut y voir un sens religieux : rites de fertilité, tests de maîtrise de soi pour les adeptes, union sexuelle conduisant à l’amour divin. Loin d’être obscènes, ces sculptures érotiques représentent l’extase, la beauté et la vérité des sentiments les plus profonds.

Ces sculptures magnifiques datent des 10°, 11° et 12° siècles, mais sont dans un état de conservation surprenant, dû au fait qu’elles ont été protégées pendant des siècles par des monticules de terre et de végétation, échappant ainsi aux destructions de l’envahisseur musulman.

Après cette très intéressante visite, nous avons observé un temple jain de la même époque. Des monuments voisins, abîmés par les intempéries, ont été hélas restaurés de façon malhabile : on dirait des pâtisseries. Ou encore une motte de beurre frais. Un désastre !!!

Temples jains restaurés

Retour à l’hôtel pour le déjeuner, puis direction l’aéroport de Khajuraho.

L’aéroport de Khajuraho

Nous nous envolons vers 15h 30 et atterrissons à Bénarès (= Varanasi) à 16h10. Ce vol nous a paru bien court.

L’arrivée dans la ville est pire peut-être que dans les villes précédentes. L’impression de désordre, de fouillis, de bruit et de danger constant dans la circulation, est amplifiée par les grands travaux en cours : construction d’une route et de plusieurs ponts. La poussière s’accumule partout et les conditions de sécurité des ouvriers feraient frémir nos entrepreneurs français.

Parvenus à l’hôtel Gateway Hôtel Gange, après un moment de détente, nous dînons agréablement autour d’une table ronde très conviviale. Mais il faut se coucher tôt car demain on se lève à 5h moins le quart.

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À suivre : Bénarès, la ville sainte